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Haïr et railler sans chercher à comprendre, chercher à comprendre serait une faute morale. Inexcusable? Oui, sans doute. Inexplicable? Hélas, non.

samedi 24 mars à 16h22 par ramon narvalos | # | 1 commentaire

smiley : regular_smile Le filer est plein

Les repères vacillent. Des concepts font trembler ses fondations, il ne sait plus comment vivre, essaie de changer mais les autres ne font rien et semblent satisfaits de ne rien faire, c'est insupportable. Les études auraient dû lui ouvrir l'esprit et voilà qu'il s'est transformé en inquisiteur aussi dur avec ses proches qu'avec lui-même, il insulte un ami qui ne donne pas de pièces à un SDF, admoneste un autre qui manifestement ne comprend pas ou ne fait pas l'effort de comprendre les livres qu'il lit alors qu'il en a la capacité. Médiocrité, médiocrité partout, dans chaque molécule, alourdissant l'air que l'on respire, l'heure est aux pics de médiocrité et nul ne semble vouloir réagir, il les voit s'enfermer dans des vies qu'ils disaient détester, changent juste quelques détails, se parent des oripeaux de l'époque ceux qui annihilent dans l'instant présent toute capacité de jugement et joue à se complaire là dedans, heureux ou malheureux, parce qu'il faut bien ressentir quelque chose comme on ferait travailler un muscle. La chair est flasque, l'os se creuse, les corps se dévitalisent, le modèle bat de l'aile. Y'a-t-il encore une possibilité de régénérer tout cela, nul ne se souvient de l'instant précis de sa mort symbolique, de son passage à l'état de zombie, de temps à autre, un hurlement le réveille, il pousse un caddie dans un supermarché, il remplit un panier sur un site internet, il consomme, il consomme parfois il n'en a nulle envie, il pourrait s'en passer mais tout le pousse à consommer dans la limite de ses possibilités voire à dépasser ces limites ainsi il aura l'impression d'investir sur l'avenir, de réussir à avoir quelque chose qu'il ne pourrait normalement pas avoir et pendant quelques secondes il se sentira vivre, il possèdera, capitalisera, il se sentira revivre mais ce sentiment filera très vite, lui échappera comme l'eau entre les doigts, se perdra, le bruit du cercueil qui racle le corbillard reviendra à sa mémoire, il sentira qu'il ne faut pas trop qu'il y pense, qu'il ne faut pas trop qu'il pense tout court, il faut qu'il s'occupe, qu'il joue, qu'il regarde qu'il surfe, qu'il fasse plusieurs choses en même temps qu'il soit débordé de ne rien foutre de réellement vital, il multiplie les manières de perdre son temps, évite de s'arrêter, pas de pause, continuer sa route, avale et recrache l'eau croupie des fontaines médiatiques, de toutes façons il se fout bien de tout cela. Pourtant, parfois en rentrant chez lui, il voit des gens qui dorment dans les rues tandis qu'il repense à la partie qu'il vient de perdre, il repense qu'il a fait la vaisselle alors que ce n'était pas son tour de la faire, à des petits boutons sur la figure, à sa chevelure qui se disperse, à des pépins administratifs, des histoires de place de parking, de révision automobile surfacturée, de voisins détestables, il pense à des plats cuisinés alors que même un yaourt pourrait le faire dégueuler tant il en a plein la panse, il souffre terriblement de ne pas vraiment souffrir dans un monde ou d'autres souffrent tant, il se sent impuissant mais il n'y pense que par moments.

dimanche 26 février à 02h37 par ramon narvalos | # | 3 commentaires

smiley : regular_smile Lire dans les bois

J’aime les gens qui lisent seuls dans les bois. Les lignes les dévorent, les blancs cernés de caractères toujours très noirs les mordent et voilà que leurs peaux se tendent, leurs lèvres inférieures viennent glisser sous leurs incisives. Leurs yeux sont comme des cibles où des traits viennent se fondre, ils suivent ce langage élastique aux secrètes tensions, l’imprimé fait des vagues comme un canot rapide qui trace son sillon dans des fleuves neuronaux. Le sens gagne cette guerre silencieuse, ils pourraient lire à haute voix, ils sont seuls, mais la plupart du temps ils ne le font pas. Communions secrètes sous des feuilles qui bruissent. Laisser filer les étoiles qui brillent sous les crânes, connexions secrètes, concaténations invisibles que seule la science pourra peut-être démêler sans expliciter, mystère intérieur de chaque être que les lois de la physique ne pourront sans doute résorber, méditation, foi, quête intérieure, spirituelle harmonie. Que vous disent ces pages je n’entends que nenni et vos corps bougent peu, que vous susurrent-elles, ces dames maquillées d’encre, nombreuses et si changeantes ?

samedi 28 janvier à 13h57 par ramon narvalos | # | 4 commentaires

smiley : regular_smile Promenade

Ce n'est rien

Pas grand chose,

Pauvre cause,

Peur des liens?

 

Cliquetis de clés dans poches

Gazouillis dans ciel bleu stéréo

Semelles torturées par le bitume

La marche solitaire est une amie muette

Sous un ciel sans age

Des pensées éclosent

se laissent porter par les vents

se dissipent dans l'air du temps

Si difficile de ne pas céder

Les sirènes scient nos rêves

les découpent en chantant

leurs copeaux échangent des 06

sous les regards amusés des bombyx.

mardi 17 janvier à 01h27 par ramon narvalos | # | 4 commentaires

smiley : regular_smile Psychoaccoustique(une mouche dans le cervelet)

Ouah, Ouah ou Wah, Wah

 

J'écris sur le Moi

J'écris sur le toit

J'écris sur de la soie

J'écris sûr de ma voix

que l'on n'entend pas

mais que l'on perçoit

là où le blanc se perchera

le trou m'aspirera et m'engloutira

en rotant sa joie.

 

J'écris sur le toit

Je n'ai plus le choix

de là haut je vois

de petits reliquats

comme moi

qui me laissent coi.

 

J'écris sur de la soie

Fibre de mots et tendres émois

tangue la coquille de noix

ivre de l'eau où mes larmes se noient

 

J'écris sur le Moi

Je vis sans foi,

J'obéis à toutes lois

Je ris et j'aboie

le bruit est ma voie

sous la honte je ploie

Là où le noir se broie

mardi 10 janvier à 01h05 par ramon narvalos | # | 2 commentaires
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